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Hypnose : quels sont ses bienfaits selon la science ?

Origines :

L’histoire de l’hypnose débute véritablement à la fin du 18e siècle avec les théories de Franz Anton Mesmer. Ce médecin viennois postule l’existence d’un fluide magnétique circulant entre les êtres et responsable de phénomènes inexpliqués, comme les transes.

En France, ce "magnétisme animal" sera condamné par la Faculté de médecine en 1784, ce qui n’empêchera pas les magnétiseurs de continuer à œuvrer plus ou moins ouvertement.
Jusqu’au 19e siècle, les mots "magnétisme" et "hypnotisme" sont d’ailleurs pratiquement synonymes.
Le neurologue Jean-Martin Charcot assimile l’état hypnotique à un état pathologique de même nature que l’hystérie, s’opposant à son collègue Hippolyte Bernheim qui le voit comme un "simple sommeil", produit par la suggestion et susceptible d’applications thérapeutiques.

Dans les années 1950, Milton Erickson, psychiatre américain, développe sa propre approche (l’hypnose éricksonienne) et définit l’hypnose comme "un phénomène banal, naturel, que chaque individu connaît dans sa vie ordinaire".
Aujourd’hui, cette thérapie recouvre diverses pratiques : l’hypnosédation (à visée sédative, utilisée en anesthésie), l’hypnoanalgésie (contre la douleur) et l’hypnothérapie (à visée psychothérapeutique).

Principe :

D’une voix calme et posée, le thérapeute invite le patient à se représenter un lieu, un moment agréable, ou bien à fixer son attention sur un objet. Ce processus d’immersion le plonge dans un état de confusion mentale où son jugement ainsi que sa perception de l’environnement et du temps sont modifiés. L’inconscient et le conscient sont ainsi dissociés, le self-control comme désactivé.
Par le choix des mots et la suggestion de métaphores, le thérapeute amène le patient à se détourner de la douleur, de son environnement (lors d’une intervention chirurgicale, par exemple), ou encore à trouver des solutions pour résoudre certains blocages (peurs, addictions).

Indications :

En 2015, un rapport d’expertise de l’Inserm a évalué l’efficacité de cette technique en analysant les conclusions de 52 essais cliniques menés pour diverses pathologies. Résultats : l’hypnose permet, lors d’interventions sous anesthésie locale, d’alléger les quantités de sédatifs et d’antalgiques et de réduire les effets secondaires de la chirurgie (nausées, fatigue, inconfort physique, etc.) [1].

Par ailleurs, son utilisation entraîne une diminution de la douleur et de l’anxiété ressenties par le patient lors de certains actes médicaux, tels une biopsie mammaire [2], la pose d’un cathéter, ou un examen de radiologie interventionnelle (scanner, IRM, etc.).

L’hypnose aide à limiter les troubles digestifs (douleurs au ventre, ballonnements, diarrhée et constipation) provoqués par un syndrome du côlon irritable [3], et se montre efficace dans la prise en charge des douleurs chroniques liées à une arthrite ou un cancer [4].

Enfin, des séances d’hypnose ont permis de réduire la fatigue de patients atteints de fibromyalgie, une maladie chronique associant des douleurs musculaires et articulaires diffuses, et de leur apporter une meilleure qualité de sommeil [5].

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/hypnose-quels-sont-ses-bienfaits-selon-la-science_147263